Comment fixer le point de départ des pénalités et écarter la force majeure en CCMI ?
Publié le :
10/06/2026
10
juin
juin
06
2026
Le régime du contrat de construction de maison individuelle impose un encadrement strict des délais d’exécution et des pénalités de retard. La détermination du point de départ de ces délais, tout comme l’appréciation d’une éventuelle force majeure, suscite un contentieux nourri. Par un arrêt du 26 mars 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation (Cass. 3e civ., 26 mars 2026, n° 24-14.789, consultable sur Legifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/search/juri?query=24-14.789) apporte des précisions déterminantes sur ces deux questions.
Le point de départ des pénalités conditionné par la levée effective des conditions suspensives
Plusieurs maîtres d’ouvrage avaient conclu des CCMI subordonnés à la réalisation de conditions suspensives, parmi lesquelles la fourniture des garanties obligatoires, notamment la garantie de livraison et l’assurance dommages-ouvrage. En pratique, ces garanties n’avaient été délivrées que plusieurs mois après la signature, rendant impossible le dépôt de la déclaration d’ouverture de chantier. Saisie du litige relatif aux pénalités de retard, la cour d’appel avait retenu que le délai contractuel ne pouvait commencer à courir qu’à compter de la réalisation des conditions suspensives et du démarrage effectif des travaux. La Cour de cassation approuve cette analyse. Elle rappelle que ces garanties conditionnaient l’ouverture du chantier et, par conséquent, le point de départ du délai d’exécution. Elle précise également que la poursuite du contrat par les parties pouvait caractériser une renonciation à se prévaloir de sa caducité. Le retard devait donc être apprécié à partir du moment où les conditions suspensives avaient été levées et où les travaux avaient effectivement débuté.L’exclusion de la force majeure en cas de désordres imputables au constructeur
La cour d’appel avait par ailleurs admis que des incidents survenus au cours d’une expertise judiciaire, notamment le décès d’un expert et l’annulation d’un rapport pour partialité, constituaient un cas de force majeure partiellement exonératoire, justifiant une réduction des pénalités. La Haute juridiction censure ce raisonnement. Elle rappelle que la force majeure suppose un événement extérieur au débiteur. Or les désordres ayant conduit à l’expertise étaient imputables au constructeur. Les difficultés intervenues dans le cadre des opérations d’expertise, même si elles ont prolongé la procédure, ne présentaient pas le caractère d’extériorité requis. Aucune exonération, même partielle, ne pouvait dès lors être admise au titre de la force majeure.Historique
-
Comment fixer le point de départ des pénalités et écarter la force majeure en CCMI ?
Publié le : 10/06/2026 10 juin juin 06 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismeLe régime du contrat de construction de maison individuelle impose un encadrement strict des délais d’exécution et des pénalités de retard. La détermination du point de départ d...
-
Prévenir les litiges après division : l’enjeu stratégique des servitudes immobilières
Publié le : 27/05/2026 27 mai mai 05 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismeLa division d’un immeuble constitue un moment structurant dans la vie d’un patrimoine immobilier. Au-delà des enjeux fonciers et contractuels, elle soulève de manière récurrente...
-
Décès avant effet du congé : l’héritier ne peut reprendre le logement en lieu et place du bailleur
Publié le : 21/04/2026 21 avril avr. 04 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismeEn matière de bail d’habitation, l’exercice du congé pour reprise est strictement encadré afin de garantir la sécurité juridique du locataire. La faculté pour le bailleur de rep...
-
Droit de préemption rural : précisions sur le contrôle des structures et la preuve de la fraude
Publié le : 12/04/2026 12 avril avr. 04 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismePar un arrêt du 2 avril 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation (Cass. civ. 3e, 2 avr. 2026, n° 24-22.496) apporte des précisions structurantes en matière de d...
-
Location-accession : un gel temporaire des plafonds de vente dans les communes les moins tendues
Publié le : 30/03/2026 30 mars mars 03 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismeBrèves JuridiquesLe régime du prêt social de location-accession fait l’objet d’un ajustement ponctuel avec l’arrêté du 24 février 2026. Ce texte concerne les communes situées dans des zones ne c...
-
Dispositif Jeanbrun : nouveau statut du bailleur privé
Publié le : 18/03/2026 18 mars mars 03 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismeLa loi de finances pour 2026 instaure un nouveau statut de bailleur privé, communément désigné sous l’appellation de « dispositif Jeanbrun ». Ce mécanisme introduit une faculté...